Aéroport de Nice : l'agent suspendu pour «radicalisation» obtient gain de cause
Aéroport de Nice : l'agent suspendu pour «radicalisation» obtient gain de cause
«Les motifs de faits retenus par le préfet dans sa décision ne sont
étayés par aucun élément factuel ou sont erronés ou ne sont pas de
nature à justifier la suspension de son habilitation sur le fondement de
l’article R. 213-3-1 du code de l’aviation civile», stipule
l'ordonnance de la juridiction niçois. «En suspendant son habilitation,
le préfet a commis une erreur manifeste d’appréciation», poursuit-elle.
L'employé travaillant pour la société sous-traitante ICTS, au service de contrôle des bagages en soute, avait
contesté mardi devant le juge des référés la suspension par la
préfecture de son habilitation à circuler en zone réservée de
l'aéroport.
«Ça se termine bien»
Tout avait commencé le 13 novembre par un arrêté du préfet Adolphe
Colrat, suspendant pour deux mois l'habilitation de cet employé âgé de
25 ans à cause d'un «certain nombre de présomptions». Ce premier arrêté,
mal étayé, avait été suspendu par le tribunal administratif le 12
décembre. Mais le préfet en avait pris un second allant dans le même
sens le 17 décembre.
«Nous avons agi à titre conservatoire», la police aux frontières (PAF)
ayant été «avisée d'un comportement particulier de l'intéressé», avait
indiqué le directeur de cabinet du préfet Jehan-Eric Winckler à
l'audience mardi : le fait qu'il ne faisait pas la bise à ses collègues
féminines ou encore qu'il «répondait en arabe» à certains
interlocuteurs. Le jeune homme n'aurait également, selon lui, «pas
montré de répulsion» à l'évocation de certains «actes terroristes».
L'agent de sûreté incriminé, père de famille, délégué syndical CGT
et élu au CHSCT de son entreprise, est «quelqu'un de très intégré» dans
l'entreprise, de «très bien perçu» et qui n'a «jamais posé problème»,
avait assuré en marge de l'audience Laury Bouhachi, délégué CGT.
Vendredi, ce dernier s'est félicité de la décision du tribunal
administratif. «Ça se termine bien. On est très heureux et satisfaits
que le droit ait enfin été respecté», a-t-il déclaré à «Nice-Matin».
Pour Me Sefen Guez Guez, le dossier contre son client était vide. «Il
n'y a aucun élément» corroborant les accusations de prosélytisme et de
radicalisation contre son client et des «jalousies» au sein de la
société pourraient être à l'origine de l'affaire, avait-il indiqué.
Le préfet Adolphe Colrat a indiqué à qu'il ne contesterait pas cette
décision et qu'il trancherait lundi sur un éventuel retrait définitif de
son habilitation à l'employé incriminé.
http://www.youscribe.com/catalogue/tous/sante-et-bien-etre/medecine/l-ordonnance-du-tribunal-administratif-de-nice-du-24-janvier-2014-2386577
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire