samedi 10 mai 2014

le député UMP(francais) :les Occidentaux n’ont pas à rougir d’avoir pratiqué le trafic d’êtres humains durant des siècles ( le député UMP Thierry Mariani)

 







François Hollande est attendu le 10 mai au Jardin du Luxembourg, à Paris, pour la commémoration de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions. Cette cérémonie symbolique est de nouveau l’occasion pour les associations de lutte contre le racisme de réclamer des réparations face à cette immense tragédie humaine.



François Hollande lors de la cérémonie de la journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, le 10 mai 2013.
François Hollande lors de la cérémonie de la journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, le 10 mai 2013.

Depuis neuf ans, la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions fixée le 10 mai est célébrée. Cette date symbolique fait référence à la loi Taubira promulguée le 10 mai 2001 reconnaissant la traite et l’esclavage comme des crimes contre l’humanité. Cette législation portée par l’actuelle ministre de la Justice Christiane Taubira brise le silence sur l’une des plus grandes tragédies du monde.
Pour la 3e fois depuis son élection, François Hollande participe à la cérémonie qui commémore cette journée au Jardin du Luxembourg, à Paris, la même qui avait vu en 2013 l'expulsion de militants anti-négrophobie. Cette année, le chef de l’Etat doit inaugurer une exposition en l’honneur du bicentenaire de l'indépendance d'Haïti.



« Autoculpabilisation permanente »


Dans chaque département, des cérémonies se doivent également d’être organisées pour l’occasion. Pour le symbole, certaines municipalités font de même. C’était le cas dans la ville de Villers-Cotterêts, dans l’Aisne, depuis 2007. Mais, cette année, la municipalité ne prendra pas part à ces commémorations. Nouvellement élu, le maire FN Franck Briffaut a fait savoir qu’il n’organisait pas de cérémonie pour le 10 mai. Il dénonce une « autoculpabilisation permanente ». Ce sont les termes choisis par cet élu frontiste pour relativiser le rôle tenu par la France durant la traite transatlantique et l’esclavage qui en découla durant quatre siècles.
Des associations antiracistes et d’outre-mer sont vite montées au créneau pour dénoncer sa position. Cela n’a pourtant pas empêché le député UMP Thierry Mariani de lancer l'opération « déculpabilisation » le 7 mai sur son compte Twitter. De la même manière, il estime que les Occidentaux n’ont pas à rougir d’avoir pratiqué le trafic d’êtres humains durant des siècles, en se servant sans scrupules des actions de Boko Haram au Nigéria pour noyer des faits historiques. « Les professionnels du racisme systémique comme d’ordinaire n’aiment pas que l’on rappelle certaines vérités historiques », a lancé l'association des Indivisibles.

10 mai : l'hypocrisie de Hollande et le mépris de Mariani sur l’esclavage dénoncés

Coupable du commerce triangulaire


Franck Briffaut, Thierry Mariani et leurs acolytes, argumentant que l’esclavage existe toujours, voudraient taire l’étendue de la traite négrière institutionnalisée par les Occidentaux et notamment la France.
Non. Le 10 mai est là pour rappeler cet épisode noir de son Histoire. Ce sont entre 11 et 13 millions de Noirs Africains qui ont pâti de la traite négrière atlantique du XVe au XIXe siècle. Réduits à l’esclavage, ils étaient envoyés en Amérique du Sud, dans les Caraïbes ou en Amérique du Nord pour y être exploités.

Débuté au XVe siècle par les Portugais, ce trafic d’êtres humains atteint son apogée au XVIIIe siècle. La France est au cœur de ce commerce triangulaire qui permet à l'Europe de prospérer sur le dos de millions d'hommes et de femmes dépouillés de leur humanité. Les grands ports négriers de Nantes, de Bordeaux ou de La Rochelle s’illustrent dans ce trafic. A la fin du XVIIe siècle, près de 100 000 esclaves par an sont déportés. Il faudra attendre le XIXe siècle avec l’abolition de la traite et de l’esclavage pour mettre fin à la traite transatlantique.



Un jour férié pour commémorer l’abolition de l’esclavage ?


Le préjudice est tellement énorme que des associations antiracistes et des syndicats réclament aujourd’hui à l’Etat français une « véritable politique de réparation ». Le Comité d’organisation du 10 mai, le Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN), la CGT outremer et Solidaires prévoient un rassemblement à proximité du Jardin du Luxembourg, en marge des commémorations officielles.
« Tandis que François Hollande fera son allocution habituelle, nous demanderons qu'une véritable politique de réparation soit mise en place, comme le gouvernement s'y était d'ailleurs engagé en octobre 2012 », écrivent les organisations dans un communiqué. Lors de la cérémonie de l’an dernier, elles s’étaient heurtées à la fin de non-recevoir du président qui avait indiqué refuser l’idée d’une réparation matérielle de l’esclavage. « Les organisateurs de ce rassemblement invitent le président de la République à comprendre qu'en refusant la réparation, il ne fait que défendre objectivement les intérêts des auteurs du crime contre l'humanité et de leurs héritiers. Quand un crime est commis, il doit être réparé », martèlent-elles.



La rançon de l'indépendance d'Haïti appelée à être rendue



Face aux tragédies de l’esclavage et de la traite qui ont laissé des traces prégnantes jusqu'à ce jour, le collectif prône des mesures de réparation comme « un jour férié, un musée de l'Esclavage et de la Colonisation, une réforme agraire dans l'outre-mer, ou encore la restitution de la rançon imposée à Haïti » pour obtenir son indépendance obtenue en 1804 à l’issue d’une révolte d’esclaves. Le fait que cet île des Caraïbes tienne une place particulière lors de la commémoration sonne faux pour le collectif qui fustige « l'hypocrisie de François Hollande » « qui refuse toujours de restituer au peuple haïtien la rançon de l'indépendance imposée par la France (et qui représente l'équivalent de 21 milliards de dollars) ».
Si l’Etat traîne des pieds de ce côté, le MRAP espère obtenir mieux de la justice. L’association a ainsi porté plainte l’an dernier contre la Caisse des Dépôts et Consignations, chargée d’encaisser les sommes que devaient percevoir les anciens colons au titre de dédommagement après l’indépendance d’Haïti. Par ailleurs, le MRAP soutient la plainte d’une descendante d’esclaves pour crime contre l’humanité perpétré à l’encontre de ses arrière-arrière-grands-parents.

Tant que l’Etat rechignera à faire un pas de plus vers la reconnaissance de ce passé sombre et de traiter leurs conséquences, les associations ne tairont pas leurs revendications de si tôt.

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